Classement

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Après le succès du précédent classement des formations en affaires publiques et lobbying réalisé en 2007, ce second opus effectué sur la base du référencement actualisé de l’AFCL (Association Française des Conseils en Lobbying) complété par celui de l’AFLAIE, intègre à la fois de nouveaux cursus et des critères d’évaluation additionnels. Il balaie les formations au sein de trois pays : la France bien sûr, la Belgique ainsi que la Grande-Bretagne.

Sommaire

Introduction

Ce classement, nécessairement subjectif et partial, évalue la qualité des formations européennes au lobbying. En effet, même le cabinet français SMBG, qui se targue de recenser et d’évaluer toutes les formations de troisième cycle, omet les formations en lobbying. En l’occurrence, ce cabinet ne propose qu’une catégorie « Management européen et international ». Or, comme le rappelait un rapport de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris dès 2002, il est nécessaire pour les entreprises françaises grandes ou petites d’accroître leur lobbying au sein de l’UE. Parmi les préconisations de ce rapport, nous notons la création d’une culture du lobbying avec l’initiation de formations ciblées (écoles de commerce, formations pour les ingénieurs, MBA, avocats, etc.) au lobbying. Ainsi, il nous apparait utile de présenter un référencement détaillé et classifié de ces différentes offres.

Méthodologie

Ci-dessous, la méthodologie utilisé pour classer les différentes formations - principalement des masters - en lobbying. Un seul regret, la difficulté d’accès aux sites web des formations universitaires françaises. L’évaluation repose sur les cinq critères principaux suivants :

Le coût de l’heure dispensée

Celui-ci est évalué sur le rapport entre le coût total de la formation et le nombre d’heures dispensées (attention ce critère objectif peut être trompeur : en effet, certains masters des « grandes écoles » m’apparaissent largement surévalués du point de vue de la qualité de la formation proposée, et inversement, certaines formations universitaires relativement abordables peuvent être de très bonne facture).

La valeur professionnelle de la formation dispensée

Elle est évaluée sur la qualité professionnelle des enseignants (l’intervenant est-il lui même un professionnel du lobbying et/ou un homme de l’art ?). Toutefois, compte tenu de la nature transversale du lobbying, la polyvalence de l’enseignement m’apparaît capitale, J’aurai donc tendance (naturelle) à favoriser naturellement les formations qui ne seraient pas essentiellement axées sur le droit ou la connaissance de l’administration.

Le caractère pratique de la formation dispensée

Il est évalué au regard du nombre de cas d’études traités, de rencontres professionnelles et/ou de visites organisées au sein des différentes institutions et autres lieux de pouvoirs (Paris, Bruxelles, Strasbourg, Washington, etc.)

La qualité du réseau relationnel des anciens de la formation dispensée

L’antériorité de la formation, la qualité de son recrutement, de ses intervenants, la vitalité de ses réseaux et notamment celui de ses anciens, sont des éléments incontournables qui conditionnent de manière significative la qualité de l’insertion professionnelle.

La reconnaissance universitaire de la formation dispensée

Pour un grand nombre d’entreprise française, sans parler des administrations, la reconnaissance universitaire est un gage de sérieux et de qualité. Elle intervient notamment dans le cadre des conventions collectives et de qualification. Force est de constater que sur l’ensemble de l’offre peu de formations présentent une véritable qualification universitaire.

Classement des formations en lobbying - Mise à jour 2010

Master du Collège de Bruges (Bruges, Belgique)

L’enseignement proposé au sein du prestigieux Collège d’Europe porte spécifiquement sur la négociation internationale et la diplomatie et sur l’Union européenne en tant qu’acteur sur la scène internationale. Les enseignements portent sur les institutions internationales, le positionnement de l’Union européenne au sein de l’échiquier mondial et les techniques diplomatiques. Point à ne pas négliger, les étudiants doivent passer un mois sur le campus du Collège à Natolin (Varsovie) où ils participent à un jeu de simulation interactif et un cours intensif sur la politique de voisinage de l’Union européenne. Cette formation est reconnue parmi les professionnels pour être le meilleur ticket d'entrée sur le marché du lobbying à Bruxelles. Le prix des formations européennes varie entre 19 000 et 21 000 euros.

Master de Sciences Po Paris (Paris, France)

Le Master of Public Affairs de Sciences Po Paris se déroule sur deux ans et associe enseignements théoriques et pratiques tout au long de la scolarité. Formation reconnue et disposant d'un important réseau d'anciens, à laquelle s'ajoute une dimension internationale grâce via notamment l'obtention d'un douple diplôme avec la fameuse LSE (London School of Economics and Political Science), le "MPA" de Sciences Po Paris garantie une insertion professionnelle rapide à ses étudiants au sein du monde des affaires publiques. Cette formation possède d'ailleurs un site web très complet qui lui est entièrement dédié. Le prix est cependant relativement décourageant (23 800 euros pour la session 2010-2011).

Master de l'ISEL (Paris, France)

Créé en 2008, l'ISEL (L'Institut Supérieur Européen du Lobbying) est un établissement dédié au lobbying et aux affaires publiques qui délivre un double diplôme. C’est la seule formation qui s’adresse plus particulièrement à un public de cadres en activité. Concernant les étudiants sélectionnés par l’ISEL, ils sont invités à trouver pendant la durée de leur formation un stage ou un emploi de longue durée afin de leur permettre d’acquérir une expérience professionnelle significative. Si l'ISEL revendique haut et fort son partenariat avec l'Université de Strasbourg (symbole des institutions européennes) et un certain élitisme, on ne manquera pas de remarquer que la majorité des cours se déroulent en fait à Paris et à Bruxelles ou un second établissement a été ouvert en 2010. Son programme « pratico-pratique » est dispensé par un corps enseignant de qualité (lobbyistes professionnels, auteurs d’ouvrages, eurodéputés, élus, stars de la communication, etc.). Par ailleurs, cette formation procède à un contrôle des connaissances qui peut sembler à bien des égards un peu rigide (QCM hebdomadaire, note de synthèse, positions papers réguliers, amendements « clefs en main », notes blanches, draft, questions orales et écrites, cas pratiques et mémoire professionnel). Enfin, pour l’anecdote, même si elle n’est pas clairement formulée par l’encadrement de l’ISEL, force est de constater que cette formation entretien des liens très étroits avec les pouvoirs publics français. Cela transparaît régulièrement de manière assez peu subtile dans les activités de l’Etablissement… Le prix de cette formation est de 6 740 €.

Master de l’ULB (Bruxelles, Belgique)

Cette formation universitaire se compose d’un tronc commun relativement diversifié sur l’Europe (droit européen, pensée politique et construction européenne, économie européenne. Formation à la fois théorique et pratique, elle est complétée par un mémoire et un stage de fin d’étude auprès d'organisations ou d'organismes européens. Très bon point, comme toutes les universités belges, le prix de cette formation est en-dessous de 1 000 euros à l'année.

Master de l'UCL (Louvain, Belgique)

L'objectif de ce programme est d'offrir une solide formation universitaire dans les matières européennes. D'une durée d'un an, il ambitionne d'offrir une formation pluridisciplinaire relativement théorique (histoire, science politique, droit et économie). Les frais d'inscription pour l'année académique s'élèvent à un coût inférieur à 1 000 euros.

Master de l'IEP de Bordeaux (Bordeaux, France)

En dépit de la jeunesse de cette formation professionnelle en « communication politique, ce master propose une réelle polyvalence de cours typique d’une formation « sciences po ». L’avantage majeur est probablement le rapport qualité / prix, puisque le coût de cette formation est seulement de 1 500 euros. Le programme d’échange culturel avec l’Université de Laval à Québec et les visites des lieux consacrés (Washington, Ottawa, Bruxelles), la rencontre de professionnels ainsi que la présence d’une association relativement active, l’Association transatlantique des diplômés en affaires publiques (ATDPARI) font d’elle une formation de qualité.

Master de l'ISMAPP (Paris, France)

Alors que le premier semble plus axé sur un lobbying franco-français à Paris et au sein des administrations, le second est résolument orienté vers le lobbying européen à Bruxelles. La palette des cours, réellement diversifié, en droit, institutions publiques, « public affairs » ainsi que la professionnalisation au travers des ateliers professionnels garantissent la solidité de ces formations que justifient la qualité des débouchés. Le site d’information pédagogique est vraiment complet, et c’est un plus réel. Cette formation ne confère pas de grade universitaire. Le prix des formations est de 5 800€.

Master du Pôle Léonard de Vinci (Paris, France)

Le troisième cycle en «Management des affaires européennes» du pôle Léonard de Vinci combiné au « Master of Arts in European Public Policy » de la South Bank University à Londres, propose d'étudier le droit, l'économie, les finances y compris dans leur dimension européenne et les techniques du lobbying. Le coût de la formation est évalue à 8 000 euros environ. Véritable programme d’échange, la formation donne l'opportunité de suivre pendant un an des enseignements à Londres, Paris et Bruxelles. Cette école dite « Pasqua » souffre à mon goût d’une réputation largement justifiée. Par ailleurs, rappelons que les étudiants du troisième cycle en Management des Affaires Européennes (MAE) ont remporté le 2e prix du Concours du lobbying Inter-Ecoles 2006. Avec un salaire moyen de 27 000 euros huit mois après la sortie, les diplômés de l’EMLV sont en concurrence directe avec les diplômés des grandes écoles. Cette formation ne confère pas de grade universitaire.

Master de l'Institut Catholique de Paris (Paris, France)

Cet ancien DESS propose une relative polyvalence de cours sur la connaissance de l’Union européenne, et en matière de droit européen, de stratégies industrielles et européennes, d’éthique, de démocratie et de « lobbying pur » ainsi que trois modules professionnels «Information : sous traitement et synthèses», « Stratégie et pratique de la négociation et la communication» et « Etudes de cas et méthodes de lobbying ». Ce master forme, "au bénéfice de groupements privés, des spécialistes de la représentation d'intérêts, de la négociation et de la communication institutionnelle, en particulier au contact des institutions européennes". Bon point, Michel Clamen, expert reconnu dans le domaine du lobbying, supervise l'ensemble des études. Cette formation ne confère pas de grade universitaire.

Master de l'IEP de Strasbourg (Strasbourg, France)

Ce Master a pour objectif de former 25 étudiants aux cadres d’analyse et aux outils conceptuels et professionnels requis pour l’exercice des métiers de l’Europe au sein ou auprès des institutions européennes, des collectivités territoriales et des entreprises, en tant que chargé des questions européennes, représentant d’intérêts ou plus généralement acteur de l’action publique en Europe.

Master l'IEHE (Londres, Grande-Bretagne)

Cette formation reconnue est organisé autour de quatre modules : relations internationales, construction européenne, démocratie et société et fédéralisme. Le coût de ce Master est de 8000 euros. Le programme se déroule en séquences successives à Nice, Berlin, Rostock et Rome. Il comporte en outre un voyage d'études aux institutions européennes et internationales et peut se prolonger par des stages. Cette formation ne confère pas de grade universitaire.

Master de l'University College à Londres (Londres, Grande-Bretagne)

Ce master spécialisé dans la politique publique européenne vise à donner aux étudiants les instruments de compréhension du policy-making européen au travers de l’étude des institutions européennes et des membres de l’Union européenne. Le coût de la formation est similaire aux autres masters en Grande-Bretagne, soit environ 10 000 Livres et les débouchés sont nombreux au sortir de cette prestigieuse école connue. A noter qu’une bonne partie de l’évaluation porte en fait sur une dissertation finale, et il ne semble pas y avoir de rapport de stage obligatoire.

Master de l’Université Paris X – Nanterre (Paris, France)

Ce Master 2 professionnel Science Politique s’intéresse principalement au fonctionnement des institutions politiques nationales (Assemblée nationale, Sénat, Service d'information du Gouvernement, Secrétariat général du Gouvernement) et aux collectivités territoriales (mairies, conseils généraux et régionaux). Des enseignements spécifiques en communication institutionnelle (affaires publiques, lobbying, veille stratégique) et dans le domaine du journalisme spécialisé. Les débouchés professionnelles semblent larges et concerne surtout l’administration publique (cabinets ministériels, administrations de l'Etat, de l'Union européenne, services du parlement) et également dans le domaine du journalisme (presse généraliste).

Master de l’Université Paris I Sorbonne (Paris, France)

Le Master 2 professionnel « Administration du politique » a pour objectif de former les collaborateurs directs des élus sur le territoire français. Il s’adresse soit à des étudiants titulaires d’une maîtrise de droit public, de science politique, d’AES... ou d’un diplôme d’IEP. La formation, qui comprend 300 heures d’enseignement sous forme de séminaire en droit public et sciences politiques est ponctuée d’intervention de professionnels (Assemblée Nationale, Sénat) et est complétée d’un stage de six mois. Cependant, cette formation est pour l’essentiel centrée sur la communication d’influence en France.

Master du Celsa (Paris, France)

Le Master professionnel du Celsa dispense une solide formation pluridisciplinaire dans le domaine de la communication bien sûr, mais aussi dans les relations presse, le conseil professionnel, l’audit, et tout cela, ponctué d’étude de cas. Le concours du Celsa est en quelque sorte un gage de la qualité de la formation. Il se compose d’une épreuve écrite et d’un oral d’admission. L’obligation d’un stage et la soutenance d’un mémoire de fin de cycle illustrent la densité de la formation. Cependant, l’analyse des sujets des mémoires, fait ressortir une concentration des thèmes sur la communication d’entreprise vis-à-vis de la société civile (responsabilité sociétale, environnementale, etc.) et très peu vis-à-vis des institutions. L’absence d’une composante politique dans le corps des enseignements en est sans doute la cause naturelle.

Master de l’Université de Versailles (Paris, France)

Cette formation prépare les étudiants à devenir des professionnels principalement dans l’univers des TICs. Si les perspectives de carrières affichées visent des postes de directeur de la communication ou d’attaché de presse, ce master forme bien plutôt les étudiants à l’intelligence économique sans le dire. Néanmoins, la « transversalité » des enseignements ainsi que la présence d’un stage obligatoire et la qualité des partenariats offre aux étudiants des perspectives d’insertion dans le domaine de la communication d’influence et donc du lobbying.

Master de l’Université Paris II, Panthéon-Assas (Paris, France)

L’enseignement de ce DESS est trop centré sur le droit et la diplomatie et ce faisant, tend à négliger une approche transversale et pluridisciplinaire nécessaire à l’évolution dans un contexte international. Cependant, la reconnaissance de la formation, la présence d’un stage obligatoire de deux mois et une association des anciens très présente offrent cependant des perspectives d’insertion professionnelle des étudiants dans le domaine administratif. Il s’agit d’une formation peu pratique, assez éloignée du lobbying.

Master l’Université Paris XII (Paris, France)

Cette formation, dont l’enseignement apparaît essentiellement centré sur le droit, le droit public international et le droit communautaire notamment, s’inscrit dans le prolongement d’un DEA créé en 1997. Cet ancien DESS s’adresse donc prioritairement à ceux qui se destinent aux carrières diplomatiques et consulaires et à la préparation de divers concours nationaux ou internationaux.

Master de l’Université Paris XI, Faculté Jean Monnet (Paris, France)

Cette formation, dont l’enseignement apparaît essentiellement centré sur le droit, le droit public international et le droit communautaire notamment, s’inscrit dans le prolongement d’un DEA créé en 1997. Ce DESS s’adresse donc prioritairement aux chercheurs et, parce qu’il permet la préparation de divers concours nationaux ou internationaux, aux aspirants aux carrières diplomatiques et consulaires.

Notes sur les éditions successives

Classement 2006

Ce premier classement n'est pas sans faille. Les formations belges (Collège d'Europe, ULB et Université de Louvain) et anglosaxones ont été sous-estimées et leur positionnement revu. Aussi, les masters anglo-saxons ont été sous-évalué et même omis (ce qui est le cas de la LSE), en dépit de leur bonne réputation outre-Manche.

Classement 2010

Ce dernier classement a été mis à jour en prenant en compte davantage les formations étrangères, sur la base d'échanges informels avec des lobbyistes à Paris et à Bruxelles.

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