Démocratie

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Sommaire

Définition générale

La démocratie peut être théoriquement définie comme le "pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple" (Abraham Lincoln). Généralement représentative, elle s'exerce par l'intermédiaire d'élus.

Lobbying et démocratie

La démocratie est la condition sine qua non du développement des pratiques de lobbying. Au sein d'une dictature ou d'un régime totalitaire ou l'expression des intérêts généraux et particuliers est bannis, le lobbying n'existe pas en tant que tel. Certains types de démocraties favorisent ou non le développement des activités de lobbying.

  • La démocratie républicaine, typiquement française, reposant sur le fait que seul les partis politiques, et dans une moindre mesure les associations et syndicats, peuvent représenter la volonté générale ne favorise guère le développement d'un lobbying assumé en tant que tel
  • La démocratie représentative, de type anglo-saxone, favorise le développement d'activité de lobbying
  • La démocratie participative, l'avenir de la démocratie en général, parce qu'il favorise l'implication directe des citoyens dans la vie politique de manière directe ou indirecte, est lieu par excellence du développement d'un lobbying assumé et transparent. Le lobbyiste y devient en quelques sorte un nouveau médiateur de l'activité politique.

Les lobbies, nouveaux médiateurs de l'activité politique

Les groupes de pression, nouveaux acteurs de la médiation politique, doivent pouvoir s’épanouir dans la démocratie libérale pluraliste. C’est dire qu’une « démocratie des corporations » participerait paradoxalement d’une forme nouvelle effectivité démocratique, envers et contre l’idéalisme démocratique. C’est que l’Etat est un système de médiation ; abandonnons le rêve d’une immédiation douteuse entre les représentants et le peuple, au risque de faire le jeu du populisme, défini ici prétention à représenter directement le peuple par-delà toutes médiations inutiles tels que les partis politiques ou les groupes d’intérêt. La notion de représentation implique la notion même de médiation. Démocratisation rime donc avec intermédiation ou processus de mise en rapport. Si la politique est bien un « art de la compromission », autrement dit de la conciliation, elle est aussi œuvre de médiation et d’institutionnalisation de cette médiation, les groupes intermédiaires en l’occurrence, comme le suggère Raymond Hudon . Non pas annulation de la différence, simple production du même, la politique médiatise l’immédiat et intègre la différence. S’agirait-il de déposséder le citoyen de ses capacités d’intervention politique au profit d’une incertaine rationalité technicienne ? L’élitisme démocratique est tentant, mais absolument parlant, antidémocratique… L’idée, bien au contraire, consisterait dans un pluralisme de l’expertise et de la décision entre les différents groupes d’intérêt. D’où, la nécessité d’une institutionnalisation authentique du lobbying, et de sa réglementation consécutive. Demeure donc le problème du « flou » juridique, préjudiciable à une véritable institutionnalisation de l’activité pour le moins informelle du lobbying. Une reconnaissance sociale du lobbying semble devoir préluder à une véritable reconnaissance légale du lobbying, complétée alors d’un code pénale. Ce processus participerait d’une « rupture des cadres d’expérience » de l’opinion, comme l’écrit David Snow, et d’un dévoilement de l’ « hypocrisie structurale » jetant le tabou sur les pratiques du lobbying, selon l’expression de Pierre Bourdieu. Autant dire que la lutte se situe d’abord au niveau des représentations collectives. En attendant une législation effective, l’encadrement éthique fournit cependant un substitut bien incertain à l’encadrement du lobbying.

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