Epistémologie de l'intelligence économique et du lobbying

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Sommaire

Introduction à la notion de lobbying

L'épistémologie désigne l'étude de la connaissance, la réflexion sur ce qu'est le savoir, les conditions de scientificité d'une discipline. Elever l'intelligence économique, et surtout le lobbying au statut de science est tout l'objet de cet ambitieux projet qui recoupe entre autres les notions de réseau et d'influence.

Les obstacles épistémologiques à la compréhension du lobbying

L’activité de définition, la recherche scientifique plus globalement, exige une forme de « catharsis intellectuelle et affective » , écrit Gaston Bachelard au premier chapitre de son ouvrage intitulé La formation de l’esprit scientifique, une forme d’ascèse permettant de dépasser opinions et préjugés bloquant la compréhension d’un objet d’étude. Regardant la définition du lobbying, plusieurs obstacles épistémologiques majeurs se présentent à nous, à savoir tout d'abord 1. Le sens commun 2. Le "paradigme de compréhension idéaliste de la démocratie" 3. La "compréhension légaliste du lobbying"

Le sens commun

La vision commune du lobbying, imprécise et confuse, associe indûment l'activité de lobbying à un sombre « trafic d’influence », véritable perversion du jeu démocratique à bannir absolument. Cette conception populaire s'enracine dans ce que l'on peut appelé le paradigme de la compréhension idéaliste de la démocratie.

Le paradigme de compréhension idéaliste de la démocratie

Mais qu'est qu'un paradigme ? Dans La structure des révolutions scientifiques, Thomas S. Kuhn définit ainsi la notion de paradigme comme fond préanalytique dans lequel s’enracine implicitement toute représentation sur un sujet donné, à un moment précis et dans lieu précis . L’idéalisme démocratique européen tire ces origines de la Révolution française de 1789. Il se traduit par une vision jacobine et unitaire de la Nation, excluant toutes corporations et autres organes de médiation visant la représentation des intérêts particuliers (loi Le Chapelier du 14 juin 1791). La relation entre l’Etat et les citoyens doit être la plus immédiate possible et les intérêts privés bannis des débats publics. En droit, les corporations doivent donc être exclus du jeu démocratique. Ce culte de l’intérêt général se redouble d’une culture catholique et laïque distante à l’égard de tout ce qui a trait à l’argent. Cette croyance collective est encore durement enracinée dans la représentation des citoyens européens.

La compréhension légaliste de la démocratie

Eminemment restrictive à l’inverse, la définition légaliste du lobbying se concentre sur ce que le lobbyiste peut et doit faire en droit (voir notamment les législations anglo-saxonnes). Elle ne nous apprend rien de la dimension vécue du lobbying, perçu comme un art combinatoire des disciplines de la communication en vue d'influencer le processus décisionnel. Il apparaît également nécessaire de repenser le lobbying à l'échelon politique, à l'aune des évolutions politiques contemporaines.

Centres de recherche sur le lobbying

Vers une sociologie politique du lobbying

Quelques références mis en ligne par la CCIP

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