Intelligence économique noire

Un article de IE-Lobbying.info.

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Il existent trois types de lobbying déterminables selon la légalité de l'action.

1. Lobbying blanc ou transparent (voir le concept d'open-lobbying).

2. Lobbying gris, peu transparent, privilégiant l'usage de pressions financières.

3. Lobbying noir, opaque, en-deça de la légalité, exploitant toutes les ressources de l'influence, en particulier la corruption, le chantage et autres menaces.

C'est cette dernière détermination, le lobbying corrupteur, qui prédomine dans l'univers des représentations, à tord sans doute. Comme je l'ai précédement expliqué, l'activité de représentation des intérêts par des corporations est d'autant plus légitime que la représentation traditionnelle des intérêts au travers des élus est en crise. Le problème majeur est sans doute l'absence d'encadrement légal du lobbying en France par exemple, qui contribue fortement à sa dépréciation. Certes, il existe des codes de déontologies et autres déclarations de bonne foi. L'éthique seule est insuffisante si elle n'est complété par un corpus de loi clairement définies. L'expérience nous apprend en effet que sans pouvoir de contrainte légale, il est tentant d'enfiler au doigt l'anneau de Gigès, pour reprendre l'analogie platonicienne de la République.

Dans tous les cas, il en est de même pour l'intelligence économique. Il est possible d'établir un classement similaire fonction de la transparence et de la légalité. Dans ce post, je vais m'attarder sur ce que j'appelle l'"intelligence économique noire". L'objectif "commercial" est la desctruction pure et simple d'une PME. Il s'agit ici d'une approche guerrière en-decà de toute légalité bien entendu. Elle n'est aucunement justifiable. Si la destruction d'une PME recouvre l'utilisation en partie de l'intelligence économique, elle requiet également d'autres savoirs-faire.

Un des prérequis les plus importants est d'agir sous l’anonymat et de faire croire à une menace multiple et échelonnée sur le temps. Les tactiques utilisées varient selon le secteur d’activité de l’entreprise (primaire, secondaire, tertiaire), la taille de l’entreprise (petite ou moyenne entreprise), l’organisation de l’entreprise (réseau disponible, protection syndicale, département de communication et d’affaires légales présents ou absents).

Il existe cinq "niveaux d’existence" d'une entreprise et donc cinq niveaux de destruction croissante possibles.

La première phase est le renseignement actif

  • Identification de la cible
  • Accès aux ressources publiques et privées de l'entreprise
  • Définition des différentes failles potentiellement exploitables selon les cinq niveaux de destruction
  • Définition de l'objectif, de l'EFR, de la stratégie générale et des axes tactiques
  • Evaluation coût / bénéfice

La seconde phase est la destruction informationnelle

  • Spam
  • Rumeur (ressources web 2.0)
  • Hacking (social engineering, etc.)
  • Piratage du réseau et des données

La troisième phase est la destruction commerciale

  • Utilisation des tactiques de concurrence déloyales, tel que le débauchage des entreprises clientes
  • Dénigrement, désorganisation, imitation, parasitisme de l’entreprise, du produit ou du service
  • Préjudice, destruction de la réputation de l’entreprise, diminution du chiffre d'affaires

La quatrième phase est la destruction légale

  • Poursuite judiciaire pour viol de propriété intellectuelle (droit d'auteur, brevets, etc.). Les frais engagés au cours de tels poursuites sont extrêmement préjudiciables à la cible, surtout si c'est une PME
  • Noyautage du réseau politique (chambre du commerce) et blocage des possibles subventions publiques (conseil régional)

La cinquième phase est la destruction humaine

  • Attaques ad hominem, rumeurs relatif à un passé gênant, chantage, etc.
  • Déstabilisation du réseau du dirigeant (collègues, amis, famille)

La sixième phase est la destruction physique

  • Cambriolage (vol des données stratégiques)
  • Vandalisme (tags, destruction de matériel)
  • Incendie (destruction physique de l'entreprise)

La septième phase est la phase d'évaluation

  • Rétrospective : bilan, évaluation coût / bénéfice, autocritique
  • Prospective : rachat éventuel de la PME à bas prix

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