Militant

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Sommaire

Lobbying et militantisme

Représenter un intérêt peut être une affaire de cœur ou de raison. Dans l’espace de la représentation d’intérêt, deux figures semblent aussi s’opposer, le militant et le lobbyiste. Pour pasticher Max Weber, si le lobbying était à l’origine une « vocation », il devient un « métier » à part entière.

Le militant, un engagement du cœur

Etymologiquement, le militant est celui qui, ayant fait don de sa personne, risque sa vie au service d’une Cause. Deux dimensions transparaissent nettement dans la définition du militant, une dimension militaire et une dimension quasi-religieuse. Le militant est totalement dévoué à son idéal, il est homo ideologicus. L’engagement peut être total, il n’est en tout cas jamais ponctuel ou partiel. Il ne se brise qu’à l’occasion d’une lente prise de conscience, rupture toujours douloureuse. Le militant est aussi celui qui prétend pouvoir aller jusqu’à se sacrifier sur l’autel de la Cause. Soldat de base, celui que l’on emploie pour les tâches

Le lobbyiste, un engagement de raison

Le lobbyiste ne fait pas don de sa personne. Il représente les intérêts d’une cause parmi d’autre, il ne fait pas corps avec. A la logique « scandalisation » d’un militant d’une ONG quelconque, il oppose la médiation du conseil et l’« expertise ». « Chargé d’affaire temporaire », il pourrait aussi bien défendre la cause opposé comme le rappelle Michel Offerlé[2] dans l’ouvrage dirigé par Hélène Michel :

 Ces deux positions polaires – lobbyisme-lobbyiste versus militantisme militant/permanent, s’opposent premièrement du fait de 
 l’engagement (affirmé, induit ou supposé) dans la valeur de la cause défendue. Mais on ne peut a priori ostraciser le défenseur 
 d’une cause économique sous prétexte qu’il s’agit là d’intérêts matériels ; et toutes savent se grandir au nom d’intérêts sociaux, 
 nationaux ou moraux (préserver l’emploi, sauvegarder l’indépendance nationale, défendre la liberté). Deuxièmement, elles se   
 différencient du point de vue de l’utilisation des moyens et des registres d’action mobilisés et mobilisant (l’expertise versus le 
 nombre ou la scandalisation) ; mais on sait bien que nombre d’organisations peuvent se référer à plusieurs registres et qu’un même 
 acteur peut être amené lui-même à en user alternativement. Elles se distinguent enfin par le type de lien qui attache et rattache 
 ces deux professionnels aux instances dont ils dépendent. D’un côté un contrat, de l’autre un mandat. La professionnalisation de 
 nombre d’organisations fondées sur un « engagement formellement libres » et que d’aucun dénoncent au nom du bénévolat, de 
 l’attachement à la cause et à un mode de fonctionnement non-managérial, c’est aussi et peut-être d’abord la dominance de ce nouveau 
 type de lien sur le lien militant antérieur. Et, inversement, l’intensité de l’engagement prôné par une certaine morale militante 
 classique peut aussi posséder certains professionnels défendant en valeur et dans leur identité même, les intérêts qu’ils 
 représentent.

Cependant, on aurait tord d’opposer radicalement ces deux activités, du point de vue des méthodes d’influence du moins, puisque le militant d’ONG tend à se professionnaliser, dans une optique de grasstops lobbying, tandis que le lobbyiste-conseil ou consultant en affaires publiques instrumentalise désormais la société civile

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