Outils et méthodes de lobbying

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Ci-dessous, une brève présentation des outils et méthodes de lobbying.


Sommaire

Introduction, les trois cycles

En guise d'introduction, la présentation de trois cycles complémentaires afin de percevoir la nature processuelle du lobbying.

Le cycle du renseignement :

  • Expression des besoins établis par l'autorité de décision.
  • Organisation de la recherche, recueil et analyse des informations produites par la recherche (vraisemblance, etc.).
  • Evaluation des informations en regard des besoins.
  • Mise à disposition à l'autorité demanderesse sous la forme appropriée.

Cycle de la prise de décision :

  • Phase de préparation (du livre blanc à la proposition de loi, nécessité d'agir sur le Gouvernement)
  • Phase d'élaboration ("navette parlementaire", nécessité d'agir par exemple sur les commissions et groupes d'études appropriés)
  • Phase d'exécution (décrets, nécessité d'agir au niveau administratif et des collectivités territoriales)

Le cycle du lobbying :

  • Veille (surveillance active de l'environnement sociétal et législatif)
  • Analyse (cartographie des réseaux par exemple)
  • Influence (à l'endroit et au moment approprié)

Outils et méthodes

Outils et typologie méthodes de lobbying pouvant être mis en pratique. Le lobbying étant souvent encore une activité de réseau, reposant sur la "connivence", cette présentation vise à éclairer cette pratique dans un contexte légal.

Outils

Voici une série d'outils objectifs.

Veille

  • Veille législative et concurrentielle

Analyse des réseaux

Analyse psychosociologique

Influence

Typologie des méthodes de lobbying

Ci-dessous, une typologie des méthodes de lobbying établie à partir du Dictionnaire du lobbying écrit par (Bruno Gosselin).


Proposition de tableau
Typologie des méthodes de lobbying Définitions, caractéristiques
Grasstops lobbying Lobbying de réseau
Grassroots lobbying Lobbying à la base de type militant et mobilisant des associations
* Lobbying idéologique Influence une idéologie (long terme)
* Lobbying structurel Recherche de proximité avec une institution (relations institutionnelles)
* Lobbying décisionnel Recherche une décision favorable des pouvoirs publics
* Lobbying juridique / normatif Capacité à imposer une norme
* Lobbying financier Capacité à lever des fonds (fundraising)
* Lobbying médiatique / Communication événementielle Cible médias et leaders d'opinion
* Lobbying d'affaires Répond à des appels d'offres
* Lobbying consumériste / Marketing Influence les consommateurs
* Lobbying relationnel / Relations publiques Crée et anime un réseau relationnel
E-Lobbying Influence au travers d'un site Web
* Site Web vitrine Communication corporate
* Site Web miroir Multiplier les portes d’entrée à une information partisane
* Site web pot de miel Se positionne comme une base de données sur le sujet
* Site Web cheval de Troie Site Web sur un domaine connexe
* Site Web rumeur Distille des informations "négatives" notamment via des blogs anonymes
* Site Web d'opposition Capitalise les défauts de l'opposant (entreprise, produit, etc.)
* Site Web masqué Site Web prêt sous 48h pour répondre une attaque informationnelle


L'historicité de la pratique du lobbying à Bruxelles

Qu’est-ce que l’historicité ? L’historicité définit l’essence historique d’une chose. Aussi, le lobbying européen possède lui aussi une forme d’historicité. En perpétuelle mutation, le lobbying accompagne la construction de l’Union européenne, épouse ses étapes et s’adapte aux évolutions institutionnelles.

1. Au début de la construction européenne (1957-1970, marquée par une haute activité législative et réglementaire ainsi que l'invention de la PAC, «  chacun l'admet, la PAC et ses règlements d'application ont été conçu "main dans la main" entre officiels et professionnels », explique Daniel Guéguen. C’est ce qu’il appelle le « lobbying fusionnel », à savoir l’indissociation entre le législateur et le bénéficiaire.

2. Seconde étape, coïncidant avec les années 1971-1987, les « années noires où la construction européenne s'essouffle », l'Europe est en panne, les activités de lobbying se décentrent en direction des conférences internationales (gestion des relations Nord-Sud avec la Convention de Lomé, les rounds de négociations du GATT, l'ancêtre de l'OMC). Une nouvelle race de lobbyistes émerge, les « diplomates » ou « lobbyistes internationaux »

3. La troisième étape, de 1988 à 2005, consacre l’avènement du « lobbying stratégique ». Elle coïncide avec la relance de l’Europe par Jacques Delors, alors Président de la [Commission européenne]. De nombreuses associations quittent Paris pour Bruxelles, le nombre des lobbyistes explose, la CIAA (Confédération des industries agro-alimentaires) associée aux travaux de la Commission et mettant tout son poids dans la bataille, devient un acteur incontournable du Marché Unique.

4. La quatrième étape, si l’on s’en réfère à Daniel Guéguen, consacrerait le « lobbying transversal ». L’élargissement de l’Union européenne et la réceptivité croissante de ces institutions à l’égard de la société imposerait en effet un nouveau type de lobbying, dit « transversal », susceptible de fédérer autour de soi, de l’amont vers l’aval, du producteur au consommateur. Progressivement, le lobbying sectoriel cède la place à un lobbying organisé tout au long d’une chaîne de valeur. D’opposant qu’il est le plus souvent, le lobbyiste doit se positionner comme « partenaire ».

L’approche historique de Daniel Guéguen, qui revisite en quelques sortes l’histoire la construction européenne au travers du lobbying, permet de mieux cerner l’essence du lobbying, par-delà les définitions parfois trop restrictives qui se concentrent trop sur l’aspect éthique ou légaliste.

Références

  • Le dictionnaire du lobbying, Bruno Gosselin, éditions EMS, "Management et société"
  • Lobbying européen, Daniel Guéguen, Europolitiques, "Guide pratique"

Lien externe

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