Rousseau

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Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau (né le 28 juin 1712 et décédé le 2 juillet 1778) est un écrivain et philosophe genevois d'expression française. Son ouvrage majeur, Le contrat social, est au fondement de la conception française de la démocratie.

Jean-Jacques Rousseau et la conception républicaine de l'intérêt général

La conception républicaine de l’intérêt général s’enracine pour une bonne part dans la pensée rousseauiste ; l’intérêt général transcende les intérêts privés et exclut par conséquent l’intervention des groupes d’intérêt au sein du débat publique ; Jean-Jacques Rousseau déclare ainsi que « […] la volonté générale peut seule diriger les forces de l’Etat selon la fin de son institution, qui est le bien commun […] ». L’intérêt général, par définition, est l’affaire de la communauté, idéalement indivisible, comme chose publique (res publica), dont la réalisation appartient à l’Etat, autrement dit la volonté générale. L’influence des intérêts privés (res privata) sur le législateur est source infaillible de corruption du bien commun national. Rien n’est plus dangereux que l’influence des intérêts privés dans les affaires publiques, et l’abus des lois par le gouvernement est un mal moindre que la corruption du législateur, suite infaillible des vues particulières. La démocratie au sens rousseauiste du terme a pour but la réalisation d’un bien transcendant les intérêts particuliers et consacre le règne d’une volonté générale qui tend naturellement vers le bonheur collectif. Elle s’exprime par le biais des élections, dont le rôle est de produire des représentants qui mettront au travail la volonté générale. Enfin, elle permet à l’entité du peuple, entendu comme une personne morale, d’actualiser son propre pouvoir sur lui-même. La Révolution française a consacré la pensée de Jean-Jacques Rousseau en dogme, élevant l’Etat à la toute puissance et niant catégoriquement l’intervention des groupes d’intérêt dans le débat public (loi Le Chapelier du 14 juin 1791). Il semble que le droit constitutionnel français, fondement de la vie politique, ait retenu cette vision idéaliste du bien commun. La Constitution de la Ve République délégitime ainsi l’existence des groupes d’intérêt et insiste sur le fait que seul le peuple et ses représentants détiennent le droit de statuer sur le bien commun : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l’exercice » (alinéa 1 et 2 de l’article 3).

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