Smith

Un article de IE-Lobbying.

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Un penseur économique incontournable

Adam Smith (5 juin 1723 - 17 juillet 1790) est un philosophe et économiste écossais des Lumières. Il reste dans l’histoire comme le père de la science économique moderne, et son œuvre principale, la Richesse des nations, est un des textes fondateurs du libéralisme économique. Professeur de philosophie morale à l’université de Glasgow, il consacre dix années de sa vie à ce texte qui inspire les grands économistes suivants, ceux que Karl Marx appellera les « classiques » et qui poseront les grands principes du libéralisme économique.

Adam Smith et la légitimation du lobbying

Tel est le principe bien connu de la main invisible d’Adam Smith : l’intérêt de la société est généralement mieux servi quand tous les individus se comportent en fonction de leur intérêt égoïste. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, l’homme travaille donc en quelque sorte d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. Or, la vision smithienne de l’intérêt général, largement dominante dans les pays anglo-saxons, autorise la formation de « corporations », de groupes d’intérêt agrégeant les intérêts privés et faisant pression auprès des pouvoirs publics pour les faire reconnaître. Cette approche pragmatique du politique est non seulement plus proche de la réalité mais légitime aussi la représentation d’intérêts particuliers dans le jeu réglé d’une lutte d’influence entre différents groupes. Ce que nous avions nommé « syllogisme d’exclusion », excluant les groupes d’intérêts et légitimant un Etat fort, semble donc s’effacer face à un « syllogisme d’inclusion », légitimant alors l’intervention des groupes d’intérêt et le désinvestissement de l’Etat.

  • Majeure. L’intérêt général est la somme des intérêts particuliers (vision smithienne).
  • Mineure. La réalisation de l’intérêt général implique donc la formation de corporations ou groupes d’intérêts nécessaires à la défense de ces intérêts particuliers. L’Etat ou la puissance publique encadre cette dynamique et assure un service minimum (éducation, santé, justice, défense). Plus les groupes d’intérêts sont puissants, plus ils concourent à la réalisation de l’intérêt général.
  • Conclusion. Les pouvoirs publics doivent donc s’effacer devant les groupes d’intérêt existants (libéralisme politique, « minarchisme » ou doctrine de l’ « Etat minimum »).

La vision smithienne de l’intérêt général, qui semble autoriser la participation des groupes d’intérêts dans la définition et la réalisation des enjeux, bénéficie non seulement d’une reconnaissance légale dans les pays anglo-saxons comme l’illustre aux Etats-Unis le « Lobbying Disclosure Act » (1945), mais commence plus loin à s’imposer dans l’ensemble des pays occidentaux. Ainsi au Québec, comme le montre le premier article du chapitre I de la « Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme » (2002), les pouvoirs institutionnels reconnaissent non seulement la légitimité du lobbying mais aussi son intérêt public.